L'essentiel en 30 secondes
- Un durillon est une petite zone de peau épaisse et dure, le plus souvent sous le pied, juste derrière les orteils. C'est la réponse de la peau à une pression répétée.
- Il est très fréquent et le plus souvent bénin, mais il peut faire mal à la marche et, laissé de côté, il augmente la pression sur la zone qu'il recouvre.
- À la maison : ramollir, poncer doucement, hydrater. Jamais de lame, de rasoir ou de cutter.
- Il revient tant que la cause (chaussures, forme du pied, appui) n'est pas corrigée. Un entretien régulier et de bonnes chaussures font la différence.
- Diabète, mauvaise circulation, douleur forte, saignement ou points noirs : on ne s'en occupe pas soi-même, on consulte.
Qu'est-ce qu'un durillon ?
Un durillon est une callosité dure mais peu étendue : une petite plaque de peau épaissie, plate, souvent jaunâtre. Contrairement au cor, il n'a pas de noyau qui s'enfonce dans la peau.
Il se forme par un mécanisme simple. Quand une zone du pied subit toujours les mêmes frottements ou la même pression, la peau fabrique plus de kératine pour se protéger. Les médecins appellent cela l'hyperkératose. Le durillon est donc une défense de la peau, pas une maladie. Il devient un problème quand il s'épaissit au point de faire mal.
C'est un souci très courant. Dans une étude menée auprès de 784 personnes de 65 ans et plus, 58 % avaient des cors ou des callosités, et les femmes étaient plus touchées que les hommes.
Corne, durillon, cor, œil-de-perdrix ou verrue : le guide pour savoir ce que vous avez au pied.
Où se forme un durillon ?
Le durillon apparaît là où un os appuie sur le sol à chaque pas. Selon l'Assurance maladie, on le trouve le plus souvent sous le pied, juste derrière les orteils, à l'endroit que l'on appelle parfois la « plante » ou le « coussinet » de l'avant du pied.
On peut aussi en avoir sous le talon ou sur les côtés du pied, partout où la pression se concentre. Beaucoup de personnes le décrivent comme l'impression de marcher sur un petit caillou.
Pourquoi a-t-on des durillons aux pieds ?
Un durillon est toujours le signe d'une zone qui travaille trop. Les causes les plus fréquentes, selon l'Assurance maladie et le NHS (le service de santé britannique) :
- Les chaussures : trop étroites, mal ajustées, ou à talons hauts. Les talons font porter le poids du corps sur l'avant du pied, ce qui explique que les femmes soient plus souvent concernées.
- La forme du pied : hallux valgus (« oignon »), orteils en griffe, pied plat ou pied creux. Ces formes changent la façon dont le pied porte le poids du corps et créent des zones d'appui plus fortes.
- L'âge : avec les années, le coussin de graisse sous le pied s'amincit, et la peau devient plus sèche et plus fine. Elle supporte moins bien la pression.
- Les longues marches et la course à pied, qui sollicitent les mêmes zones encore et encore.
- Les chaussures portées sans chaussettes, qui augmentent les frottements.

Durillon, cor ou verrue : comment faire la différence ?
C'est la question la plus importante, car ces trois problèmes ne se soignent pas de la même façon. La verrue plantaire, en particulier, est due à un virus : elle se propage et ne doit pas être poncée comme une simple corne.
| Durillon | Cor | Verrue plantaire | |
|---|---|---|---|
| Aspect | Plaque plate, dure, jaunâtre | Petite zone ronde avec un noyau translucide | Zone bien délimitée, souvent avec de petits points noirs |
| Lignes de la peau | Conservées | Noyau visible au centre | Interrompues |
| Douleur | Parfois, quand on marche dessus | Souvent vive quand on appuie dessus | Souvent quand on pince la zone |
| Où ? | Sous l'avant du pied, talon | Dessus des orteils, petit orteil, entre les orteils | N'importe où sous le pied |
| À la maison ? | Oui, avec douceur | Plutôt chez le podologue | Non : pharmacien, médecin ou podologue |
Les petits points noirs de la verrue sont de minuscules vaisseaux sanguins : c'est pour cela qu'elle peut saigner. Un durillon, lui, ne saigne pas quand on retire sa surface. En cas de doute, faites-la examiner avant d'y toucher.
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Les risques si on laisse faire
Un durillon est le plus souvent bénin. Mais le laisser s'épaissir pendant des mois n'est pas sans conséquences, et certaines personnes doivent y faire plus attention que d'autres.
La douleur et la gêne à la marche
C'est le principal inconvénient, selon l'Assurance maladie. Quand le durillon s'épaissit, il peut provoquer une sensation de brûlure. On modifie alors sa façon de poser le pied pour éviter la zone, souvent sans s'en rendre compte.
Un durillon augmente la pression qu'il est censé amortir
C'est le paradoxe du durillon. La peau s'épaissit pour se protéger, mais au-delà d'un certain point, cette épaisseur agit comme un corps étranger sous le pied. Une étude a mesuré la pression sous le pied de 17 personnes diabétiques avant et après le retrait de leurs callosités par un professionnel : la pression maximale dans ces zones a baissé de 26 % en moyenne.
Après 60 ans : douleur du pied et risque de chute
Les douleurs aux pieds jouent un rôle dans les chutes des personnes âgées. Dans une étude australienne qui a suivi 312 personnes de 60 ans et plus pendant un an, celles qui sont tombées avaient plus souvent mal aux pieds et des pressions plus fortes sous le pied en marchant. Ces chiffres montrent un lien, pas une cause directe. L'Assurance maladie, elle, conseille de consulter si vous êtes tombé à cause de douleurs aux pieds.
Une petite étude écossaise sur 19 personnes de 65 à 84 ans va dans le même sens. Après le retrait de leurs callosités douloureuses par un podologue, leur douleur a baissé et elles ont mieux réussi les exercices de marche, même une semaine plus tard. En revanche, l'étude n'a pas trouvé d'effet clair sur l'équilibre.
Avec un diabète : un vrai signal d'alerte
Chez les personnes diabétiques, le durillon n'est jamais anodin. Le diabète peut diminuer la sensibilité des pieds, si bien qu'une blessure passe inaperçue. Une étude anglaise a suivi 63 personnes diabétiques dont les pieds avaient perdu de la sensibilité. Une plaie avait 11 fois plus de risques d'apparaître sous une callosité qu'à un endroit sans callosité. Les auteurs concluent que la callosité doit être considérée comme un facteur de risque élevé.
C'est pourquoi l'Assurance maladie et le NHS sont clairs : si vous êtes diabétique, ne soignez pas vous-même vos durillons. Confiez-les à un pédicure-podologue.
L'infection, quand on s'y attaque mal
Le risque le plus courant ne vient pas du durillon lui-même, mais de la façon dont on essaie de s'en débarrasser. Une coupure avec une lame ou un produit trop agressif peut créer une plaie, puis une infection. Nous y revenons plus bas.
Comment enlever un durillon à la maison ?
Pour un durillon plat, sans douleur vive et sans points noirs, l'Assurance maladie, le NHS et le Manuel MSD conseillent tous la même approche : retirer l'excès de peau doucement et régulièrement.
- Ramollir la peau. Avant une pierre ponce ou une lime manuelle, un bain de pieds dans de l'eau chaude, 20 minutes maximum, aide la peau à se détacher. Une crème hydratante appliquée chaque jour la rend aussi plus souple.
- Poncer doucement. Avec une pierre ponce, une lime ou une râpe électrique, enlevez un peu de peau à chaque fois, sans chercher à tout retirer d'un coup. Arrêtez-vous dès que la peau devient sensible ou rosée. Une râpe électrique s'utilise en général sur peau sèche : suivez sa notice.
- Hydrater. Une crème hydratante limite la sécheresse, qui fragilise la peau.
- Recommencer régulièrement, plutôt qu'une grosse séance de temps en temps. Le NHS conseille d'utiliser la pierre ponce ou la lime régulièrement.
Le bon rythme, pas à pas : notre routine des pieds doux.
Les produits de pharmacie (acide salicylique)
Les pharmacies proposent des pommades, pâtes et pansements dits kératolytiques. Ils contiennent de l'acide salicylique, qui ramollit la corne pour qu'elle se détache. L'Assurance maladie rappelle trois précautions :
- ils détruisent aussi la peau saine : on les applique seulement sur le durillon, puis on couvre d'un pansement ;
- il faut lire et respecter la notice, et demander conseil au pharmacien en cas de doute ;
- ils sont déconseillés en cas de diabète, d'artérite des jambes ou de maladie de peau sur les pieds (eczéma, psoriasis).
Ce qu'il ne faut pas faire
- Couper le durillon avec une lame de rasoir, un cutter, des ciseaux ou un coupe-ongles. Le NHS le déconseille clairement. Sur les forums, beaucoup de personnes racontent le faire, ou le faire faire par un proche. Le risque de coupure, puis d'infection, est réel.
- Vouloir tout enlever en une fois. Poncer jusqu'à la peau rose rend la zone sensible et n'empêche pas le durillon de revenir.
- Traiter soi-même une zone qui ressemble à une verrue (points noirs, lignes de la peau interrompues). Le ponçage peut la propager.
- Faire tremper ses pieds trop longtemps. L'Assurance maladie recommande 20 minutes maximum.
Chez le pédicure-podologue : ce qui se passe
Le pédicure-podologue est un professionnel de santé. Contrairement à une esthéticienne, il peut soigner les lésions des pieds. Pour un durillon, il peut :
- retirer la corne avec un instrument tranchant ou rotatif, parfois en plusieurs séances ;
- faire un bilan podologique pour comprendre pourquoi le durillon s'est formé ;
- fabriquer des semelles orthopédiques sur mesure qui répartissent mieux la pression. Selon l'Assurance maladie, elles facilitent la disparition des durillons sur les zones d'appui trop fortes.
Pourquoi enlever le durillon ne suffit-il pas ?
Une étude australienne a comparé un vrai retrait de callosités au scalpel à un faux retrait, chez 80 personnes de 65 ans et plus. Les deux groupes ont eu moins mal, et la différence entre eux était faible. Les auteurs en concluent qu'utilisé seul, le retrait a un effet limité à court terme. Ils n'excluent pas un bénéfice à plus long terme, surtout combiné à d'autres soins.
Ce qu'il faut en retenir : enlever la corne soulage, mais c'est en réduisant la pression (chaussures, semelles) qu'on agit sur la cause.
Une autre étude anglaise, menée auprès de 46 personnes, a comparé le soin chez le podologue à deux produits chimiques à appliquer soi-même. Le soin du podologue a apporté une amélioration immédiate et nette de la peau, de la douleur et de la marche. Les deux produits ont donné des changements plus modestes en trois semaines.
Est-ce remboursé ?
- Les séances de soins ne sont en général pas remboursées par l'Assurance maladie. Exception : les personnes diabétiques dont les pieds sont classés à risque (grade 2 ou 3) ont droit à 5 à 8 séances par an, prises en charge sur prescription. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle.
- Les semelles orthopédiques sur mesure, prescrites par un médecin ou un pédicure-podologue, sont remboursées à hauteur d'une paire par an pour un adulte, à 60 % d'une base fixe. Pour une pointure au-dessus du 37, cela représente environ 17 €. La mutuelle peut compléter.
Pédicure en institut ou chez le podologue : qui a le droit de faire quoi, prix et remboursement.
Éviter qu'il revienne
Un durillon revient tant que la pression continue. L'Assurance maladie le dit clairement : les durillons disparaissent avec les soins, mais ont tendance à se reformer si les frottements persistent. Voici ce qui aide vraiment.
- Des chaussures adaptées : souples, assez larges, sans couture qui frotte, avec un petit talon de 3 à 4 cm. Il doit rester de la place sur les côtés et au-dessus des orteils.
- Des chaussettes épaisses et amorties, et éviter les chaussures portées pieds nus.
- Des semelles amortissantes ou des coussinets, disponibles en pharmacie, pour soulager la zone. Si le durillon revient sans cesse, des semelles sur mesure peuvent agir sur la cause.
- Une hydratation régulière, pour garder la peau souple.
- Un entretien régulier, avant que la corne ne s'épaississe : quelques minutes de ponçage doux, puis une crème. C'est le cœur d'un bon soin des pieds.
Pour cet entretien, une râpe électrique rend le geste plus simple et plus régulier qu'une pierre ponce. Le disque tourne tout seul : pas besoin d'appuyer ni de frotter. Gardez-la pour la corne et les durillons plats, jamais sur un cor, une verrue ou une peau abîmée.
Corne et callosités aux pieds : comment les enlever en douceur.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin ou un pédicure-podologue si :
- vous êtes diabétique, vous avez une mauvaise circulation dans les jambes (artérite) ou des défenses immunitaires affaiblies ;
- vous avez aussi une maladie de peau sur les pieds (mycose, eczéma…) ;
- la zone saigne, laisse couler du pus ou un liquide, ou devient rouge et très douloureuse ;
- la douleur est forte ou vous empêche de faire vos activités habituelles ;
- vous êtes tombé à cause de douleurs aux pieds ;
- rien ne s'améliore après 3 semaines de soins à la maison ;
- vous avez un doute : durillon, cor ou verrue ?
Pour les personnes âgées, le NHS conseille de ne pas traiter seul ses cors et callosités, et de s'adresser à un professionnel.
Questions fréquentes
Un durillon peut-il partir tout seul ?
Il peut s'atténuer si la pression disparaît, par exemple en changeant de chaussures. Mais tant que le même frottement continue, il a tendance à revenir.
J'ai l'impression de marcher sur un caillou : est-ce forcément un durillon ?
Pas forcément. Ce peut être un durillon, un cor ou une verrue. Une gêne près des orteils peut aussi venir d'un nerf irrité (névrome de Morton). Si la douleur persiste ou si vous n'êtes pas sûr, faites examiner votre pied.
Mon durillon a des petits points noirs. Est-ce grave ?
Des points noirs au centre d'une zone épaisse sont plutôt le signe d'une verrue plantaire : ce sont de minuscules vaisseaux sanguins. Ne la poncez pas et demandez l'avis d'un pharmacien, d'un médecin ou d'un podologue.
Peut-on enlever un durillon avec une lame de rasoir ou un cutter ?
Non. Le NHS déconseille de couper soi-même un cor ou une callosité : le risque de coupure et d'infection est réel. Préférez un ponçage doux ou un pédicure-podologue.
La pommade à l'acide salicylique, ça marche ?
Elle peut aider à ramollir et à décoller la corne, mais elle attaque aussi la peau saine. Appliquez-la uniquement sur le durillon, suivez la notice, et ne l'utilisez pas en cas de diabète, d'artérite ou de maladie de peau sur les pieds.
Et l'huile de ricin ou les autres remèdes de grand-mère ?
Une huile ou une crème nourrissante assouplit la peau, et l'Assurance maladie recommande d'hydrater ses pieds. L'huile de ricin, par exemple, a montré un effet hydratant sur la peau selon une revue de 2026, mais aucune étude ne l'a testée sur la corne ou les durillons. Nous n'avons trouvé aucune étude montrant qu'un remède en particulier fait disparaître un durillon. Seul, aucun ne remplace le ponçage doux et la réduction de la pression.
Une râpe électrique convient-elle pour un durillon ?
Oui, pour un durillon plat, sans douleur vive et sans points noirs : retirez un peu de peau à chaque séance, sans appuyer, puis hydratez. Ne l'utilisez pas sur un cor, une verrue ou une peau abîmée. En cas de diabète ou de mauvaise circulation, confiez vos pieds à un pédicure-podologue.
Les séances chez le podologue sont-elles remboursées ?
En général non, sauf pour les personnes diabétiques dont les pieds sont à risque (grade 2 ou 3). Renseignez-vous auprès de votre mutuelle. Les semelles orthopédiques sur mesure, elles, sont en partie remboursées sur prescription.
Pour un entretien tout en douceur
Un durillon plat se gère très bien à la maison, à condition d'y aller doucement et régulièrement. C'est pour ce geste que nous avons choisi Velours, notre râpe électrique pour les pieds : quelques minutes par semaine, sans lame et sans appuyer, pour garder une peau souple avant que la corne ne s'installe.
L'équipe Tendrélys
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de douleur, de saignement ou de doute, consultez un médecin ou un pédicure-podologue.
Sources
- Assurance maladie (ameli.fr) : Cors, callosités, durillons : définitions, symptômes et causes, Que faire et quand consulter ? et Traitement des cors, callosités et durillons des pieds, mis à jour le 12 août 2025.
- Girdler K. et al. : Use of Castor Oil in Dermatology: A Narrative Review, Cureus, 2026 ; 18(2) : e103289.
- Assurance maladie (ameli.fr) : Définition et causes des verrues cutanées.
- Assurance maladie (ameli.fr) : Semelles orthopédiques : quelle prise en charge ?, 15 janvier 2026, et Le podologue, un appui pour bien prendre soin de ses pieds (diabète).
- NHS (service de santé britannique) : Corns and calluses, revu le 28 juillet 2026.
- Dinulos J.G.H. : Cors et durillons, Manuel MSD, édition professionnelle, février 2025.
- Dunn J.E. et al. : Prevalence of foot and ankle conditions in a multiethnic community sample of older adults, American Journal of Epidemiology, 2004 ; 159(5) : 491-498.
- Young M.J. et al. : The effect of callus removal on dynamic plantar foot pressures in diabetic patients, Diabetic Medicine, 1992 ; 9(1) : 55-57.
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- Mickle K.J. et al. : Foot pain, plantar pressures, and falls in older people: a prospective study, Journal of the American Geriatrics Society, 2010 ; 58(10) : 1936-1940.
- Balanowski K.R., Flynn L.M. : Effect of painful keratoses debridement on foot pain, balance and function in older adults, Gait & Posture, 2005 ; 22(4) : 302-307.
- Landorf K.B. et al. : Effectiveness of scalpel debridement for painful plantar calluses in older people: a randomized trial, Trials, 2013 ; 14 : 243.
- Hashmi F. et al. : The evaluation of three treatments for plantar callus: a three-armed randomised, comparative trial using biophysical outcome measures, Trials, 2016 ; 17 : 251.