Cor au pied : comment le reconnaître, le soulager et éviter qu'il revienne ?

Un petit pois posé sur un coussin en velours rose poudré : un tout petit point dur qui suffit à gêner, comme le noyau d'un cor au pied

L'essentiel en 30 secondes

  • Un cor au pied est une petite zone de peau épaissie, avec un noyau dur qui s'enfonce dans la peau en forme de cône. Il est souvent douloureux quand on appuie dessus.
  • Il se forme là où la chaussure frotte ou appuie : dessus des orteils, côté du petit orteil, ou entre deux orteils (on parle alors d'œil-de-perdrix).
  • À la maison, on soulage : chaussures plus larges, protections, crème. Le noyau, lui, se retire chez le pédicure-podologue.
  • Jamais de lame, de cutter ou de ciseaux. Les pansements coricides s'utilisent avec précaution, et jamais en cas de diabète.
  • Un cor revient tant que le frottement continue : le vrai traitement, c'est de supprimer la cause.

Qu'est-ce qu'un cor au pied ?

Un cor est une petite zone de peau épaissie, souvent ronde, qui apparaît sur le pied là où la peau subit des frottements ou une pression répétés.

Ce qui le distingue de la corne, c'est son noyau. Selon l'Assurance maladie, le cor a un centre dense et translucide, prolongé par une pointe en forme de cône qui s'enfonce dans les couches profondes de la peau. Il est souvent douloureux, surtout quand on appuie dessus.

C'est un souci fréquent : selon les enquêtes citées par une équipe de podologues anglais, 14 à 48 % des gens en ont.


Cor dur, cor mou : où se forment-ils ?

L'Assurance maladie distingue deux grands types de cors.

Le cor dur, le plus fréquent

Il se forme sur le dessus des orteils, au niveau des articulations (surtout des trois derniers orteils), et sur le côté extérieur du petit orteil. Il est très douloureux au toucher et peut rendre la marche difficile.

Le cor mou, ou œil-de-perdrix

Il se forme entre deux orteils, le plus souvent entre le 4e et le 5e, souvent par deux, l'un en face de l'autre. Avec la transpiration, il est blanchâtre et spongieux, parfois entouré d'un liseré rouge avec un point foncé au centre. Il est douloureux et peut s'infecter.

Plus rarement, un cor peut aussi se former sous le pied, sous l'avant de la plante.


Cor, durillon ou verrue : comment faire la différence ?

Ces trois problèmes se ressemblent, mais ne se soignent pas de la même façon. La verrue plantaire, en particulier, est due à un virus : elle peut se propager et ne se traite pas comme un cor.

Cor Durillon Verrue plantaire
Aspect Petite zone ronde avec un noyau jaunâtre et translucide au centre Plaque plate, dure, jaunâtre, sans noyau Zone bien délimitée, souvent avec de petits points noirs
Lignes de la peau Conservées autour du noyau Conservées Interrompues
Douleur Souvent vive quand on appuie dessus Parfois, quand on marche dessus Variable
Où ? Dessus des orteils, petit orteil, entre les orteils Sous l'avant du pied, talon N'importe où sous le pied
Cause Frottement ou pression répétés Pression sur une zone d'appui Un virus

Selon le manuel médical MSD, les petits points noirs de la verrue sont de minuscules vaisseaux sanguins bouchés, et la verrue interrompt les lignes de la peau. Le cor, lui, montre un centre jaunâtre et translucide bien délimité. En cas de doute, faites examiner la zone avant d'y toucher.


Pourquoi a-t-on un cor ?

Un cor est toujours une réponse de la peau à une contrainte mécanique. Quand la chaussure frotte encore et encore, ou que la peau est trop pressée contre un os en marchant, elle fabrique davantage de kératine pour se protéger. Un pédicure-podologue interrogé par Allodocteurs le résume ainsi : la formation d'un cor est « 100 % mécanique », et non une question d'hygiène.

Selon l'Assurance maladie et le NHS (le service de santé britannique), les facteurs les plus fréquents sont :

  • Les chaussures : trop étroites, trop serrées, à talons hauts, à bout pointu, ou portées sans chaussettes.
  • La forme des orteils et du pied : orteils en griffe, hallux valgus (« oignon »), pied plat ou pied creux. Sur un orteil en griffe, expliquent des spécialistes interrogés par Allodocteurs, c'est la chaussure qui frotte sur l'orteil.
  • Les longues marches et la course à pied.
  • L'âge : la peau devient plus sèche et plus sensible, et le coussin de graisse sous le pied s'amincit.
  • Une peau fine ou de grands orteils.

Les femmes sont plus souvent concernées, en particulier celles qui portent des chaussures étroites ou à talons hauts. Les cors sont en revanche rares chez les enfants et les adolescents.

Les ongles comptent aussi : selon l'Académie américaine de dermatologie, des ongles d'orteils trop longs peuvent pousser les orteils contre la chaussure et favoriser les cors.


Les risques si on laisse faire

Un cor est en général bénin. Mais il ne disparaît pas tout seul tant que le frottement continue, et il peut compliquer la vie.

La douleur et la marche

Selon l'Assurance maladie, un cor dur ne disparaît pas spontanément, et d'autres peuvent apparaître sur d'autres zones d'appui. Dans une étude anglaise menée auprès de 201 personnes ayant des cors, la douleur moyenne était de 5,3 sur 10, et les femmes déclaraient plus de douleur que les hommes.

Chez les personnes âgées, le Vidal et Santé.fr rappellent qu'un cor douloureux peut gêner la marche et favoriser les chutes.

L'infection

Un cor peut s'infecter : il devient alors rouge et très douloureux, selon l'Assurance maladie. Le cor mou, entre les orteils, y est particulièrement exposé, car l'humidité favorise l'infection. Les tentatives pour l'enlever soi-même comportent aussi un risque : selon l'Académie américaine de dermatologie, retirer trop de peau peut provoquer un saignement et une infection.

Avec un diabète : ne jamais traiter un cor soi-même

Selon le Vidal et Santé.fr, chez les personnes diabétiques, un cor peut se transformer en plaie difficile à guérir.

Les produits « anti-cors » sont particulièrement en cause. Des médecins britanniques ont décrit sept patients diabétiques qui ont développé une plaie grave et infectée peu après avoir utilisé un traitement anti-cors ; quatre ont dû être opérés de l'avant du pied.

L'Assurance maladie est claire : si vous êtes diabétique, il est préférable de ne pas soigner vous-même vos cors. Confiez vos pieds à un pédicure-podologue.


Comment soulager un cor à la maison ?

Disons-le franchement : à la maison, on soulage un cor, on ne retire pas son noyau. Selon un pédicure-podologue interrogé par Allodocteurs, aller chez un professionnel est « la seule solution sûre » pour s'en débarrasser. En attendant, ou si votre cor est léger, voici ce qui aide, selon l'Assurance maladie, le NHS et l'Académie américaine de dermatologie.

  1. Supprimer le frottement. C'est l'étape la plus importante. Portez des chaussures plus larges et souples, avec de la place autour des orteils, et évitez les talons hauts et les bouts pointus.
  2. Protéger le cor. Les dermatologues américains conseillent d'entourer le cor d'un pansement en forme d'anneau, qui évite que la chaussure appuie directement dessus. Le pharmacien peut aussi vous conseiller des protections d'orteil ou des écarteurs pour les cors entre les orteils.
  3. Hydrater. Une crème hydratante chaque jour limite la sécheresse, qui fragilise la peau. Les dermatologues américains citent les crèmes à l'urée, à l'acide salicylique ou au lactate d'ammonium.
  4. Surveiller. Si rien ne s'améliore après 3 semaines, le NHS conseille de consulter.

Des pansements en anneau, un manchon d'orteil en gel, un écarteur d'orteils et des chaussettes épaisses sur un lin crème : de quoi empêcher la chaussure d'appuyer sur un cor

Et la pierre ponce sur un cor ?

Les avis divergent. L'Assurance maladie, le NHS et les dermatologues américains citent un ponçage doux de la surface après un bain d'eau chaude, sans retirer trop de peau. Mais un pédicure-podologue interrogé par Allodocteurs juge la pierre ponce sur un cor « une véritable fausse bonne idée » : selon lui, le frottement favorise la formation de corne. Et le noyau, lui, se retire à la lame, chez le professionnel.

Notre position : sur un cor, nous préférons ne pas poncer, ni à la main ni avec une râpe électrique. On soulage la pression, c'est-à-dire qu'on fait en sorte que la chaussure n'appuie plus sur le cor : chaussures plus larges, pansement en anneau ou protection d'orteil (voir les étapes ci-dessus). On hydrate, et on confie le noyau au pédicure-podologue.


Pansements coricides : efficaces, mais avec précautions

Les pansements et liquides coricides contiennent de l'acide salicylique, qui ramollit et dissout peu à peu la peau épaissie. Ils sont vendus sans ordonnance en pharmacie.

Ce que dit la recherche

Le plus grand essai sur le sujet a été mené en Angleterre auprès de 202 adultes. Il a comparé des pansements à 40 % d'acide salicylique au retrait du cor à la lame par un podologue. Après trois mois, 34 % des cors avaient complètement disparu avec les pansements, contre 21 % avec la lame, et les pansements avaient davantage réduit la taille des cors.

Mais il faut lire la suite :

  • les pansements étaient posés et suivis par des podologues, et les personnes diabétiques, ou ayant une mauvaise circulation, étaient exclues de l'étude ;
  • un an après, parmi les personnes encore suivies, moins de la moitié des cors avaient complètement disparu, quel que soit le traitement ;
  • une nouvelle analyse des mêmes données a montré que les pansements n'empêchaient pas davantage le cor de revenir. Et il fallait souvent des mois pour qu'un cor disparaisse : environ 6 mois pour ceux du dessus ou d'entre les orteils, plus d'un an pour ceux sous le pied.

Les précautions

  • Uniquement sur le cor : l'acide attaque aussi la peau saine autour. L'Assurance maladie conseille de couvrir la zone d'un pansement protecteur et de suivre la notice. Au Royaume-Uni, après des signalements de plaies sous des pansements coricides, la notice d'un fabricant a été modifiée pour avertir du risque d'irritation de la peau saine autour du cor.
  • Jamais en cas de diabète, d'artérite des jambes ou de maladie de peau sur les pieds (mycose, eczéma), selon l'Assurance maladie.
  • Une efficacité limitée en automédication : selon Santé.fr, les coricides de pharmacie ont une efficacité limitée et peuvent irriter la peau saine. S'il n'y a pas d'amélioration, on consulte.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • Couper le cor avec une lame de rasoir, un cutter, des ciseaux ou un rasoir à corne. Le NHS le déconseille clairement. Une entaille trop profonde arrive vite, et avec elle le risque d'infection.
  • « Creuser » pour sortir le noyau. C'est un geste technique, fait à la lame par un professionnel.
  • Mettre un coricide sur la peau saine, ou sur un cor qui saigne, suinte ou semble infecté.
  • Poncer un cor, à la main ou à la râpe électrique, en espérant faire partir le noyau.
  • Continuer à porter la chaussure qui frotte. Tant que la cause reste, le cor revient.
  • Traiter soi-même une zone qui ressemble à une verrue (points noirs, lignes de la peau interrompues).

Chez le pédicure-podologue

Le pédicure-podologue est un professionnel de santé, titulaire d'un diplôme d'État. Pour un cor, il peut :

  • retirer le cor et son noyau avec un instrument tranchant ou rotatif. Selon Santé.fr, ce soin se fait sans douleur. Selon l'Assurance maladie, plusieurs séances sont parfois nécessaires ;
  • faire un bilan podologique pour comprendre pourquoi le cor s'est formé et limiter les récidives ;
  • fabriquer une orthoplastie : une petite protection d'orteil sur mesure. La chaussure frotte alors sur la protection plutôt que sur l'orteil ;
  • proposer des semelles orthopédiques sur mesure, qui réduisent les pressions sur le pied.

Quand une déformation est en cause, comme un hallux valgus, le médecin peut proposer des chaussures orthopédiques ou, plus rarement, une chirurgie.

Les séances ne sont en général pas remboursées, sauf pour les personnes diabétiques, sur prescription. Les semelles sur mesure prescrites sont en partie remboursées. Le détail des remboursements est dans notre article sur les durillons.


Éviter que le cor revienne

Retirer un cor soulage, mais ne supprime pas sa cause. S'il revient au même endroit, c'est que le frottement est toujours là. Voici ce qui aide, selon l'Assurance maladie, le NHS, les dermatologues américains et les spécialistes interrogés par Allodocteurs.

  • Des chaussures adaptées : légères, souples, assez larges, sans couture qui frotte, avec de la place au-dessus et autour des orteils, et un talon bas, autour de 3 à 4 cm.
  • Acheter ses chaussures en fin de journée, quand les pieds sont un peu gonflés, comme le conseillent les dermatologues américains.
  • Des chaussettes épaisses et amorties, et ne pas porter ses chaussures pieds nus.
  • Une protection d'orteil sur les zones qui frottent, ou une orthoplastie sur mesure.
  • Des ongles d'orteils coupés court.
  • Des pieds bien séchés, surtout entre les orteils, et une crème hydratante chaque jour.

Et la corne ? Si vous avez aussi de la corne sur les talons ou sous la plante, elle s'entretient à part, par un ponçage doux et régulier. C'est à ça que sert une râpe électrique comme Velours. Elle ne soigne pas un cor et ne doit jamais passer dessus, ni sur un œil-de-perdrix, une verrue ou une peau abîmée.


Quand consulter ?

Consultez votre médecin ou un pédicure-podologue si :

  • vous êtes diabétique, vous avez une mauvaise circulation dans les jambes (artérite) ou des défenses immunitaires affaiblies ;
  • vous avez aussi une maladie de peau sur les pieds (mycose, eczéma…) ;
  • le cor devient rouge et très douloureux, saigne ou laisse couler du pus ou un liquide ;
  • la douleur vous empêche de faire vos activités habituelles ;
  • vous êtes tombé à cause de douleurs aux pieds ;
  • rien ne s'améliore après 3 semaines de soins à la maison ;
  • vous ne savez pas si c'est un cor, un durillon ou une verrue.

Questions fréquentes

Un cor au pied peut-il partir tout seul ?

Selon l'Assurance maladie, un cor dur ne disparaît pas spontanément. Supprimer la cause (chaussures plus larges, protection d'orteil) soulage et limite son retour. Le noyau, lui, se retire chez le pédicure-podologue.

Comment enlever un cor au pied soi-même ?

Le noyau ne s'enlève pas sans risque à la maison. Vous pouvez soulager le cor : chaussures plus larges, pansement en anneau ou protection d'orteil, crème hydratante. Les pansements coricides sont possibles, sur le cor seulement et en suivant la notice, mais pas en cas de diabète, d'artérite ou de maladie de peau sur les pieds. Sans amélioration après 3 semaines, consultez.

Est-ce que ça fait mal de faire enlever un cor chez le podologue ?

Selon Santé.fr, le pédicure-podologue retire les cors à la lame sans douleur. Plusieurs séances sont parfois nécessaires.

Pourquoi mon cor revient-il toujours au même endroit ?

Parce que la cause est toujours là : une chaussure qui frotte, un orteil en griffe qui touche la chaussure, une pression répétée. Retirer le cor ne change rien à cela. Il faut agir sur la chaussure, protéger l'orteil, et parfois faire faire des semelles ou une orthoplastie.

Les pansements coricides sont-ils efficaces ?

Dans un essai anglais, des pansements à l'acide salicylique posés par des podologues ont fait disparaître davantage de cors à trois mois que le retrait à la lame. Mais ils n'empêchaient pas le cor de revenir, et ils peuvent abîmer la peau saine. À utiliser sur le cor seulement, jamais en cas de diabète, d'artérite ou de maladie de peau sur les pieds.

Cor ou verrue : comment savoir ?

La verrue plantaire présente souvent de petits points noirs et interrompt les lignes de la peau. Le cor a un centre jaunâtre et translucide bien délimité. En cas de doute, faites examiner la zone avant d'y toucher : une verrue est due à un virus et ne se soigne pas comme un cor.

Faut-il aller chez un pédicure ou un podologue ?

Choisissez un pédicure-podologue : c'est un professionnel de santé, titulaire d'un diplôme d'État. C'est lui qui peut retirer un cor et en chercher la cause.

Peut-on utiliser une râpe électrique sur un cor ?

Non. Une râpe électrique sert à entretenir la corne des talons et de la plante. Elle ne retire pas le noyau d'un cor et ne doit jamais passer dessus, ni sur un œil-de-perdrix, une verrue ou une peau abîmée.

Et pour le reste de vos pieds

Un cor se confie au pédicure-podologue. La corne des talons et de la plante, elle, s'entretient très bien à la maison, doucement et régulièrement. C'est pour ce geste que nous avons choisi Velours, notre râpe électrique pour les pieds : quelques minutes par semaine, sans lame et sans appuyer, pour un soin des pieds tout en douceur. Toujours loin des cors.

Découvrir Velours

L'équipe Tendrélys

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de douleur, de saignement ou de doute, consultez un médecin ou un pédicure-podologue.

Sources